Économie, Écologie...

Le choeur des éditorialistes économiques chante les « réformes structurelles »

Comme le démontre une nouvelle fois Acrimed, la grosse artillerie néolibérale est de sortie ces dernières semaines dans les médias audiovisuels pour bourrer le crâne des Français au sujet de ces réformes qui visent à amoindrir les protections sociales.

L’observatoire des médias a une nouvelle fois mis la main dans le cambouis des « éditos éco » diffusés par les radios et les chaînes télé d’information. Un constat s’impose: c’est fou ce que ces « spécialistes » de la chose économique cognent tous dans le même sens: pousser François Hollande et le gouvernement Ayrault à amoindrir les protections sociales et les dépenses publiques, via les prochaines négociations sociales concernant les retraites et l’emploi.

2013-05-30nicolas-doze

Concrètement, cela donne ceci:

  • Nicolas Doze sur BFMTV: « Ce n’est plus possible de reculer sur les trois réformes attendues et exigées par le reste de l’Europe: réforme sur le marché du travail et sa rigidité  réforme sur les retraites; réforme de la libéralisation des professions qui sont encore sous numerus clausus. »
  • Éric Le Boucher, sur  Europe 1: « Réforme des retraites, baisse des dépenses de santé, recul des crédits aux collectivités locales et surtout plus de réformes structurelles pour la compétitivité. »
  • Dominique Seux, sur France Inter: « Les dépenses publiques, si rien n’est fait, seront en 2014, pour la première fois, les plus élevées des 27 pays européens, au-dessus du Danemark, à plus de 57% du PIB. À ce niveau, ce n’est plus de l’aspirine, c’est de la morphine, c’est-à-dire une drogue. »
  • Christian Menanteau, sur RTL: « Il va falloir apprendre à gérer sobrement, reformer les prestations sociales, les retraites, les allocations chômage et ça va être d’autant plus indispensable que la corde de rappel allemande ne va pas disparaître.

Olli Rhen, maître à penser

Tous paraphrasent leur maître actuel, le commissaire européen chargé des affaires économiques Olli Rehn. Ce dernier explique tranquillement: « Il est encore plus important que le gouvernement français, le Parlement et les partenaires sociaux se mettent d’accord sur des réformes structurelles du marché du travail, des retraites et qu’il ouvre le marché des services. » Dans le colimateur de ses « réformes courageuses »: le recul de l’âge de la retraite, l’affaiblissement des protections en faveur des travailleurs et du code du travail, la baisse du Smic et l’ouverture à la concurrence de toutes les professions règlementées, sans oublier la privatisation totale des grands groupes publics.

« Modèle allemand »

Comme le montre Acrimed, ce bourrage de crâne fonctionne aussi sur le fameux « modèle allemand » que la France devrait forcément suivre, ainsi que sur la rémunération des grands patrons, dont le gouvernement fait bien de ne pas s’occuper.

  • A consulter:

Le printemps des chroniqueurs économiques, par Mathis Raymond (Acrimed)