Politique,  vidéo

Le parlement et le gouvernement de Crimée occupés par des hommes armés (vidéo)

Lu sur l’Humanité

Plusieurs dizaines d’hommes armés se sont emparés ce jeudi du siège du parlement et du gouvernement de Simféropol, en Crimée, péninsule majoritairement russophone du sud de l’Ukraine. Cette province, où mouille la flotte russe en mer Noire, cristallise les tensions.

Une cinquantaine d’hommes, équipés d' »armes modernes », sont arrivés au cours de la nuit et empêchaient jeudi les employés d’entrer dans les bâtiments, a déclaré à l’AFP le Premier ministre de Crimée, Anatoli Mohilyov. Le ministre ukrainien de l’Intérieur par intérim, Arsen Avakov, a de son côté annoncé la mise en alerte de l’ensemble de la police, dont les forces spéciales. Cette mesure, avec l’encerclement du quartier du parlement à Simféropol par les forces de l’ordre, est destinée à éviter « un bain de sang parmi la population civile » et « l’évolution de la situation en affrontements armés ».
Les assaillants de Simféropol n’ont pas fait savoir de revendications, mais ils ont dressé un drapeau russe sur les bâtiments officiels. »Des criminels en uniforme militaire et équipés d’armes automatiques ont pris le contrôle des bâtiments », a lancé Oleksander Tourtchinov, le président par intérim, au Parlement, réuni pour désigner le nouveau gouvernement.

La flotte russe de Sébastopol

Des rumeurs non confirmées officiellement faisaient état de l’arrivée vers Simféropol d’un grand nombre de véhicules depuis la ville voisine de Sébastopol, où est basée la flotte russe de la mer Noire. La Russie avait annoncé mercredi avoir « mis en alerte » certaines de ses troupes, dont celles le long de sa frontière commune avec l’Ukraine.
« Je lance un appel au commandement militaire de la flotte russe en mer Noire (…) Tout mouvement, qui plus est de troupes armées, au-delà des limites du territoire de la base sera perçu comme une agression militaire », a prévenu le président ukrainien par intérim devant le Parlement à Kiev. Tout en appelant au clame, il a précisé qu’il avait transmis des consignes à toutes les forces de sécurité du pays afin de prendre les mesures nécessaires pour protéger les citoyens. Il a d’ailleurs convoqué le chargé d’affaires russe Andreï Vorobiev pour lui rappeler que la Russie était garante de son intégrité territoriale. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères rapporte: « On lui a remis une note pour demander que les militaires de la flotte russe de la mer Noire (stationnée à Sébastopol, en Crimée) s’abstiennent de tout mouvement en dehors du périmètre où ils sont cantonnés ».

Ianoukovitch protégé

Viktor Ianoukovitch, qui a obtenu la protection de la Russie, s’affirme toujours président de l’Ukraine. « Moi, Viktor Fedorovitch Ianoukovitch, me considère comme le chef légitime de l’exécutif ukrainien », y dit-il. L’ex-chef de l’Etat, destitué samedi par le parlement ukrainien, estime en outre que les régions du Sud et du Sud-Est de l’Ukraine n’acceptent pas l’anarchie et refusent que leurs dirigeants soient choisis par la rue. « Je me vois contraint de demander aux autorités de la Fédération de Russie d’assurer ma protection personnelle face aux actions menées par des extrémistes », a-t-il ajouté. « On assiste dans les rues de nombreuses villes de notre pays à un déchaînement d’extrémisme. Des menaces physiques me sont adressées personnellement ainsi qu’à mes partisans ».

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