Économie, Écologie...

Les agences de notation en désaccord sur la Slovénie. Mais une chose est sûre: ça va mal

« Obligation pourrie » pour Moody’s, « niveau d’investissement » pour S&P. Les agences sont partagées sur la situation de ce pays de la zone euro très fragile.

L’étau se resserre autour de la Slovénie. Ce petit pays de l’ex-Yougoslavie, peuplé de deux millions d’âmes, a été dégradé mardi soir par l’agence de notation Moody’s de deux crans, passant de Ba1 à Baa2. Un niveau qui fait désormais de la dette slovène une dette spéculative ou, pour parler comme le font les marchés, une « dette pourrie. » L’agence n’est guère tendre avec Ljubljana puisque la perspective reste négative et, donc, qu’une nouvelle dégradation est à attendre.

(…)

Un gros risque financier

Reste évidemment que la situation devient difficile pour la Slovénie qui est souvent citée comme le prochain pays qui devrait avoir recours à l’aide du Mécanisme européen de Stabilité (MES) et du FMI. Comme le souligne Moody’s, la faiblesse principale du pays est son système bancaire. Les deux principales banques du pays comptent dans leur bilan pas moins de 28 % de créances douteuses en raison de prêts accordés un peu trop généreusement. Or, ces banques sont publiques. Leurs difficultés est encore plus qu’ailleurs directement des difficultés de l’Etat lui-même.

Une aide européenne nécessaire ?

Compte tenu de l’environnement économique – le PIB slovène a reculé de 2 % en 2012 et devrait reculer d’autant cette année – le bilan de ces banques devraient continuer à se détériorer, forçant l’Etat a encore recapitaliser les banques. Moody’s évalue à 8 à 11 % du PIB le besoin de recapitalisation du système financier slovène. Et comme Ljubljana souffre beaucoup de la défiance des investisseurs après l’affaire chypriote et que son endettement public progresse vite, l’agence estime que le pays aura du mal à financer ces nouveaux besoins par des adjudications classiques. Elle devra demander l’aide du MES et du FMI. Or, Chypre a montré que le coût de « l’aide » européenne est désormais plus lourd. On ne peut donc exclure une restructuration de la dette slovène ou une taxe sur les dépôts. D’où la décision de Moody’s.

La Slovénie n’est pas Chypre

lire la suite sur La Tribune