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Les classes moyennes étranglées par les impôts

Ils sont employés, fonctionnaires, cadres… « Ni riches ni pauvres », ils se définissent comme appartenant à la classe moyenne, avec leurs revenus situés entre 1 600 et 3 500 euros mensuels par ménage. Certains ont déjà demandé un étalement de leur paiement ou vont le faire, d’autres vont puiser dans leur bas de laine, recourir à la solidarité familiale… Les plus en difficulté arriveront peut-être à obtenir de l’administration fiscale une diminution de leur impôt, voire sa suppression. Témoignages de ces difficultés dans le Monde.

Signe des difficultés entre 2011 et 2013, le nombre de « demandes gracieuses » (demandes de non-paiement de tout ou partie de l’imposition) traitées par l’administration fiscale a bondi de 20 % tous impôts confondus, pour atteindre 1,3 million. C’est particulièrement vrai pour l’impôt sur le revenu, pour lequel les requêtes sont en hausse de 22 %, contre 18 % pour la redevance audiovisuelle, 18 % pour la taxe d’habitation. Autre indicateur des tensions, les lettres de rappel, de relance et de mise en demeure adressées aux contribuables particuliers sont passées en deux ans de 4,5 millions à près de 10 millions.

Marine, chargée de marketing, sait qu’elle fait partie du plan social mis en place dans la société spécialisée dans le commerce sur Internet dans laquelle elle travaille

depuis octobre 2012. Dans un mois, elle sera sans emploi. Cette célibataire de 24 ans sans enfants, un salaire de 1 630 euros net par mois et un loyer parisien de 630 euros pour une studette, doit s’acquitter de 1 000 euros d’impôt sur le revenu d’ici mi-septembre. […]

Maud, 40 ans, cadre bancaire, va, elle, puiser dans son Livret A pour payer les 1 600 euros réclamés par le fisc. Il y a onze mois, son conjoint, 50 ans, a été licencié. « L’année dernière, avec deux salaires, trois enfants et une baby-sitter déclarée, nous n’avons pas payé d’impôts sur le revenu, nous avions même eu droit à un chèque de 370 euros, une situation assez injuste finalement », raconte Maud. « Cette année, avec un seul revenu de 3 000 euros net par mois, toujours trois enfants à charge, un loyer de 1 000 euros et un mari en fin de droit, nous sommes imposables », poursuit la mère de famille. […]

Marc, 46 ans, fonctionnaire, ne s’est pas remis de son avis d’imposition. […]

Le Monde

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