Économie, Écologie...

Les défaillances de grosses PME explosent

Le taux d’échec des entreprises inter­médiaires dépasse celui des PME et des petites entreprises qui four­nissent traditionnellement les gros bataillons des faillites.

Les entreprises françaises continuent de payer un lourd tribut à la crise. «Les défaillances restent à un niveau alarmant. L’économie française est entrée dans un cercle vicieux – destruction d’emplois, baisse d’activité», explique Yves Zlotowski, économiste en chef de l’assureur-crédit Coface. 62.000 entreprises devraient jeter l’éponge cette année. 60.641 ont sombré en 2012 selon le baromètre établi par Coface. «Le coût financier et social est en forte hausse», constate Jennifer Forest, économiste chez ­Coface. 200.911 emplois ont été ­détruits l’an dernier dans les entreprises, selon les calculs de l’assureur-crédit, soit 8,3 % de la population ­active. Ce chiffre est en augmentation de 8,5 % par rapport à 2011. Les entreprises défaillantes ont laissé une facture de 4,4 milliards d’euros à leurs fournisseurs.

«L’augmentation préoccupante des coûts s’explique par l’explosion des défaillances d’entreprise de taille intermédiaire», analyse Jean-Marc Pillu, directeur général de Coface. 45 entreprises employant entre 250 et 5000 salariés ont fait faillite entraînant la destruction de 26.520 emplois. La tendance se poursuit en ce début d’année.

Des fragilités structurelles

Les abattoirs de porcs Gad SAS, qui emploient 1700 personnes en ­Bretagne, vont déposer leur bilan la semaine prochaine. Résultat, le taux d’échec des entreprises inter­médiaires dépasse celui des PME et des petites entreprises qui four­nissent traditionnellement les gros bataillons des faillites. Signe in­quiétant, les sociétés qui chutent sont de plus en plus grosses. Une sur deux employait 386 salariés et ­réalisait 71 millions d’euros de chiffre ­d’affaires. «La crise a été révélatrice de leurs fragilités structurelles», constate Frédéric Wissocq, responsable de l’arbitrage chez ­Coface.

Les entreprises intermédiaires françaises sont en fait de «grandes» PME. Elles réalisent en moyenne 200 millions d’euros de chiffre d’affaires quand leurs concurrents allemands atteignent entre 900 millions et un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Les trois quarts sont actives en France. Celles qui exportent, vendent en Europe, notamment en Italie et en Espagne , deux pays connaissant de sérieuses difficultés économiques.Elles souffrent de ne pas traiter d’égal à égal avec les grands groupes pour lesquels elles travaillent. «Ceux-ci les considèrent comme une variable d’ajustement», observe Frédéric Wissocq. Les entreprises intermédiaires affrontent les mêmes difficultés que les PME en matière de délais de paiement. Fabriquant des produits de moyenne gamme, elles sont faiblement profitables. Faisant peu appel aux marchés financiers, elles sont enfin handicapées par une capacité d’investissement limitée. Ce qui les rend particulièrement fragiles.