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Les fermetures d’usines s’accélèrent en France

En 2012, plus de 200 sites ont fermé leurs portes, soit 42% de plus qu’en 2011. Le secteur manufacturier a particulièrement souffert, avec près de 24.000 postes supprimés. Cette année s’annonce tout aussi noire.

«L’économie française s’installe dans une tendance dépressive». Voilà le constat dressé par l’Observatoire de l’emploi et de l’investissement Trendeo.

Dans son étude sur l’année 2012, celui-ci dénombre 266 fermetures d’usines contre 166 créations. Sur un an, le rythme de fermeture s’est accéléré, bondissant de 42%. L’économie se rapproche de sa pire performance enregistrée en 2009, au plus dur de la crise (379 fermetures). Le bilan est alarmant: en trois ans, la France a perdu 1087 usines.

«Ce délitement du tissu industriel s’opère à bas bruit: au-delà des sinistres les plus spectaculaires, la taille moyenne des sites fermés est de 71 salariés. La taille moyenne des sites créés est de 65 salariés», note l’étude.

L’industrie manufacturière, qui affichait pourtant des signes d’amélioration en 2011, s’est fortement dégradée l’an dernier avec 23.897 postes supprimés. Depuis 2009, ce sont 121.946 postes qui ont disparu. L’automobile tire le secteur vers le bas avec 12.470 suppressions d’emplois en 2012 et 41.994 en trois ans. PSA et Renault ont annoncé les coupes les plus importantes, souligne Trendeo. De son côté, la pharmacie subit sa quatrième année de pertes d’emplois consécutive. Les suppressions décidées par les géants Bristol-Myers-Squibb, Sanofi, Cephalon ou encore Merck ont contribué à une perte de 2198 emplois. L’industrie alimentaire, marquée par la faillite de Doux, connait sa première année de pertes nettes d’emplois (-885). À l’inverse, le secteur aéronautique se porte bien avec 1828 créations de postes l’an dernier.

Disparités géographiques

En dehors de l’industrie, les secteurs du commerce et du BTP se sont détériorés. «Pour le secteur du commerce, le solde net des emplois créés a été divisé par presque trois de 2010 à 2012, signe que les secteurs du tertiaire ne peuvent indéfiniment relayer une industrie qui est à la peine», déplore Trendeo. L’enseignement, qui a les faveurs du gouvernement actuel, est le seul à connaître une nette amélioration avec 9439 emplois créés en 2012. Un bilan qui pourrait encore s’améliorer alors que le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon entend recruter près de 40.000 professeurs cette année.

Dans ce contexte, toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. La Martinique et la Lorraine sont les plus en difficulté avec des pertes d’emplois pour près de 0,6% de leur population active. L’Ile-de-France compte aussi parmi les régions les plus impactées (-0,26%) en raison de la présence très forte d’industries sinistrées comme l’automobile. La région la mieux lotie est la Basse-Normandie grâce à l’implantation à Cherbourg par Alstom et EDF Energies nouvelles d’un site de fabrication d’éoliennes en mer (+0,91%).

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