Histoire,  Politique

Les génocides qu’on dénonce et les autres…

Il y a 80 ans, l’Ukraine sortait de l’hiver le plus meurtrier que nation ait connu, affamée par le petit père des peuples qui, selon son propre aveu, amputa de dix millions de koulaks le grenier à blé de l’Europe. On ne peut pas dire que les autorités françaises aient particulièrement fait devoir de mémoire pour que ce génocide perpétré par les communistes au nez et à la barbe de toute la bien-pensance de l’époque, Édouard Herriot en tête, soit enfin connu du grand public.

Gardons espoir, l’année 2013 n’est pas encore totalement achevée. Peut-être expliquera-t-on enfin à la ménagère de moins de cinquante ans qu’entre le génocide arménien et la shoah, les petits potes de Mélenchon ont exterminé comme pour rire des millions d’hommes, de femmes et d’enfants en utilisant l’infernal appareil administratif soviétique…

ussr_bC’est le surdrame de l’Ukraine d’avoir été contrainte de garder silencieux ce carnage durant des décennies, empêchée de panser les stigmates de cet immense traumatisme communautaire dans une parole libératrice, tant en ex-URSS que dans les diasporas des pays dits libres, dont la France qui ne reconnaît pas encore ce crime contre l’humanité.

En 1986, le monde entier fut ébranlé par la plus grande catastrophe civile nucléaire du XXe siècle. L’Europe s’effraya du mortel nuage venu de Tchernobyl, s’émut un peu pour les pauvres Ukrainiens, s’affola beaucoup pour ses élevages et son agriculture, mais laissa bien vite retomber la patrie de saint Vladimir dans un nouvel oubli et les slaves kiéviens dans leurs malédictions.

Les pitoyables Femen, sorcières écervelées, plus cloches que celles qu’elles profanèrent à Notre-Dame, sont injustement associées à l’Ukraine. Car elles sont totalement discréditées dans ce vieil État cosaque où, poussées par leur antichristianisme viscéral, elles détruisirent une croix qui commémorait justement cette famine stalinienne.

En cette année 2013, si vous rencontrez un Ukrainien, quand il vous annoncera son uniate origine, évitez le poncif : « Ah, l’Ukraine, les belles blondes, les Femen et Tchernobyl… » Faites preuve d’un peu de tact et délicatesse, dites-lui qu’en ce quatre-vingtième anniversaire d’une des plus grandes tragédies de l’histoire du monde, vous avez une pensée pour les innombrables victimes de l’Holodomor.

Franck Talleu pour BVOLTAIRE