Politique

Les mafias à l’assaut de la France

Un rapport confidentiel de la PJ note la montée des bandes des cités sensibles et l’implantation de groupes criminels étrangers. La drogue seule rapporte 2 milliards par an aux trafiquants.

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À côté des «organisations criminelles françaises traditionnelles (corse, marseillaise, gens du voyage)» dont la PJ note la «permanence», les analystes du Sirasco évoquent «la montée en puissance d’une jeune génération issue des cités sensibles». Ils relèvent également la «présence dans la plupart des agglomérations françaises d’organisations criminelles étrangères», constatant le «maintien de l’implantation des grandes mafias (russophones, italiennes, chinoises), notamment en région parisienne ainsi que sur la Côte d’Azur».

Décentralisation du crime

Les directions régionales de la PJ ont fait remonter nombre d’informations pour alimenter ce rapport. La DIPJ de Strasbourg, par exemple, déplore «la mainmise des groupes criminels turcophones sur le trafic d’héroïne dans le grand Nord-Est du territoire français, s’appuyant sur une forte diaspora. Ils collaborent avec les trafiquants des cités sensibles, pour transporter la marchandise importée de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne (secteur de Kehl), ou pour assurer la distribution».

La PJ de Bordeaux rapporte que «l’année 2011 a été également marquée par plusieurs saisies importantes de cocaïne avec un recours accentué aux aéroports de province par les trafiquants». La PJ de Lyon a traité, quant à elle, près d’un tiers de l’ensemble des quelque 500 affaires de proxénétisme recensées en France l’an dernier. Elle constate l’implication des «groupes criminels d’Europe de l’Est (notamment bulgares) et d’Afrique subsaharienne (groupes criminels nigérians à Grenoble notamment)».

En région parisienne, selon le Sirasco, «nombre de malfaiteurs se sont éloignés de Paris, s’implantant dans des villes périphériques telles que Creil».Mais, écrivent-ils, «un milieu affairiste prospère néanmoins dans la capitale: composé de plusieurs dizaines d’escrocs professionnels, cette mouvance criminelle s’est spécialisée dans les infractions financières, notamment les escroqueries à la taxe carbone, ayant généré plus d’un milliard d’euros de préjudice pour l’État, ou plus récemment les escroqueries aux faux ordres de virement visant plusieurs dizaines de grandes entreprises françaises et leurs filiales». La PJ ajoute que «plusieurs enquêtes ont démontré que ces escrocs s’étaient associés à des organisations criminelles du grand banditisme traditionnel, mais également à des groupes criminels israéliens».

Rennes, Dijon, Orléans, Lille, toutes les grandes DIPJ, mais aussi la gendarmerie, ont contribué à ce rapport choc qui pointe des «facteurs aggravant les risques liés à la criminalité organisée». Et les «antimafia» de citer, pêle-mêle: «La sophistication des circuits de blanchiment et la libéralisation de l’économie, l’utilisation frauduleuse des nouvelles technologies, la suppression des contrôles aux frontières dans un ensemble de plus en plus vaste, les exemptions de visa au bénéfice de certains États, les disparités législatives et réglementaires entre États membres de l’UE et la dispersion des informations au sein de multiples administrations».

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