Économie, Écologie...

L’impasse ! (Charles Sannat)

« Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Bon on va revenir dessus longuement, car bien sûr, la double principale information, à savoir, d’un côté la confirmation, pour ceux qui avaient encore des doutes, qu’une nouvelle récession s’abat sur l’Europe, et de l’autre, mais c’est évidemment lié, le gouvernement qui annonce que l’objectif de déficit à 3% ne sera finalement pas tenu… sans blague !

Mais avant un titre. Ce n’est pas de moi, je n’aurai pas osé, étant très respectueux des mamamouchis en tous genres… c’est l’Expansion qui se lâche. Ce qui est bien avec ce genre de titre c’est qu’il contient la réponse.

(…)

Le PIB européen en contraction pour le 3ème trimestre consécutif

(…) Donc en France la récession est de 0,3% du PIB tandis que nos « zamis » allemands font deux fois mieux dans le pire avec – 0,6% de croissance négative inversée.

En Grèce tout continue à aller mieux que bien, puisque d’une part, quand on ne comptabilise pas les dépenses, le budget grec est à l’équilibre (ce qui montre une créativité comptable sans précédent dans l’histoire du monde) et que d’autre part, la croissance négative inverse s’établie dans la péninsule hellénique à un petit -6% avec un chômage en hausse à 27% de la population active, ce qui permet à la Grèce d’obtenir une médaille d’or car ils sont incontestablement les meilleurs, bien que talonnés par les Espagnols qui rattrapent du terrain à grande vitesse ce qui menace l’avance du leader du peloton.

Ce qui compte, c’est la trajectoire

Ce n’est pas de moi c’est de notre premier sinistre. Il était hier l’invité du journal de France 3. J’avais essayé il y a fort longtemps de défendre ce concept auprès de mes parents (et en particulier de mon père) en lui expliquant à propos de mes notes en math, que ce qui était important ce n’était pas le 3%/20 mais la trajectoire d’amélioration de mes compétences mathématiques. Je n’avais pas reçu un accueil triomphal si vous voyez ce que je veux dire.

Mais pour Jean-Marc « ce qui compte c’est la trajectoire et nous allons la poursuivre. Nous allons dans la bonne direction », a-t-il assuré.

C’est drôle quand même. On savait très bien que ça ne tiendrait jamais cet objectif des 3%, en tout cas, pas sans une austérité et une rigueur beaucoup, beaucoup plus importante. Résultat des courses le gouvernement attendait juste l’occasion de faire le larron.

Et l’occasion c’est évidemment la récession en Europe. C’est un élément exceptionnel permettant de ne pas tenir les règles.

L’impasse

Pour ceux qui n’auraient donc pas encore compris, et j’en connais sans doute comme vous encore beaucoup trop, la relance ne fonctionne pas et ne relance que l’endettement. Soigner les dettes par encore plus de dettes ne semble pas un raisonnement brillant… même à Bernard derrière son comptoir. C’est au bout de la trajectoire l’insolvabilité par la dette.

La rigueur pour réduire les dettes sur une économie déprimée cela donne encore plus de récession et quand vos dettes augmentent d’un côté et que votre PIB baisse de l’autre, la situation devient deux fois plus grave deux fois plus vite ce que les anglo-saxons ont bien compris depuis cinq ans. C’est au bout de la trajectoire l’insolvabilité par la dette.

Alors que faire ? Rien. C’est mort. Il n’y a plus rien à faire. Enfin en terme économique. La décision va progressivement devenir politique. Nous avons encore un peu de temps devant nous avant que tout le monde comprenne que nous courrons tout droit vers une faillite généralisée Allemagne incluse… Ce jour-là des décisions politiques permettront de remettre les pendules à l’heure ce qui ruinera au passage pas mal de monde. Mais si nos zamis allemands rapatrient leur or c’est bien sûr, pour aucune raison. C’est juste pour s’amuser et pour s’occuper un peu. Et puis compter les lingots, Merkel, elle aime bien ça.

Mais comme le dit notre Premier Sinistre, l’essentiel c’est la trajectoire, et je peux vous affirmer que nous sommes dans l’exacte direction du précipice ».

Charles Sannat*, Le Contrarien matin du 15 février 2013