Économie, Écologie...

L’Italie se rappelle à notre (mauvais) souvenir

(….)

Monte dei Paschi di Siena plonge…

Une nouvelle dimension émerge comme source de danger, accrue par la crise chypriote. On se rappellera que cette banque avait effectué une acquisition bancaire (Antonveneta) à un prix ridiculement élevé en 2007 et était engluée dans des problèmes de produits dérivés dont l’objet était de cacher des pertes. Le tout dans un contexte de scandale politico-financier.

Elle vient d’annoncer ses résultats annuels : une perte de 3,17 milliards d’euros en 2012,[1] soit le tiers de ses fonds propres. Et ce, malgré l’injection de 2 milliards d’euros par le Tesoro italien. Elle tente une operazione transparenza. Inutile de dire que les actionnaires ont perdu, depuis l’annonce du scandale, 40 % de leurs avoirs : qui pense encore aux actionnaires des banques ?

…et perd ses dépôts.

Depuis que l’éruption de la banque siennoise est publique, des milliards d’euros de dépôts ont quitté la vénérable banque du Palazzo Salimbeni, à quelques enjambées de la Piazza del Campo et de son illustre Palio. La baisse de 2012 était de l’ordre de 11 milliards, soit 7%.

Maintenant que l’Eurogroupe a accepté à Chypre le principe de la confiscation des dépôts, le mouvement de fuite va connaître une accélération brutale. Personne n’osera détenir des dépôts au-delà de 100 000 euros auprès de l’ancien Mont de Piété toscan, créé en 1472. Le risque d’une réduction forcée de ces dépôts est, plus que jamais, réel.

Comme le total des dépôts était, fin 2012, de 135 milliards d’euros auxquels s’ajoutent 43 milliards de prêts interbancaires et 33 milliards d’emprunts divers, l’Italie n’a pas les moyens de compenser une hémorragie de cet ordre sans mettre en péril son propre endettement, d’autant plus que ce phénomène commence à s’étendre à l’ensemble des banques italiennes.

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