L’UMP divisée entre europhiles et eurosceptiques

A l’approche des élections européennes du 25 mai, l’UMP s’affiche de plus en plus déchirée entre pro-européens et eurosceptiques, deux clans qui s’opposent sans trève depuis la ratification du traité de Maastricht en 1992. L’UMP, née de l’alliance d’une UDF au très fort marquage pro-européen et d’un RPR qui a pu être parfois eurocritique, avant d’adopter avec Jacques Chirac une ligne plus europhile, peine à concilier ses deux héritages.

Les tensions se sont cristallisées, dimanche 11 mai, autour d’Henri Guaino, souverainiste avéré et meneur de la ligne eurosceptique au sein du parti. Le député des Yvelines a en effet déclaré qu’il ne voterait pas pour la tête de liste UMP en Ile-de-France aux européennes, Alain Lamassoure, qui, pour lui, « incarne l’Europe dont plus personne ne veut ». Face à lui, Alain Juppé, représentant de la ligne pro-européenne, l’a invité à rendre sa carte du parti car « quand on est à ce point en désaccord avec son propre parti politique, la dignité la plus élémentaire, c’est d’en tirer les conséquences ».

Pourtant, la ligne du parti n’est pas si claire. La synthèse opérée pour la campagne 2014 se veut « euroréaliste » mais pas « eurobéate ». Un programme tributaire de l’appartenance de l’UMP au Parti populaire européen (PPE), qui dément être fédéraliste, alors que cette idéologie figure dans ses statuts.

Le Monde