Politique

L’UMP se fracture sur l’Europe

La comédie europhobe de Laurent Wauquiez prouve son arrivisme et son manque d’honnêteté intellectuelle. À un mois des élections européennes le petit toutou de l’europeïste jacques Barreau, se découvre des envies de changer l’Europe sur les bases qui sont celles des souverainistes. Après le comédien sarkozy, voici l’acteur Wauquiez. Il serait temps que les électeurs chassent de la vie publique ces opportunistes.

En ce qui concerne Henri Guaino il s’est totalement décrédibilisé en soutenant aveuglément la politique de Sarkozy et sa trahison du vote des français sur la constitution européenne.

Ne nous ne y trompons pas, ces divisions à l’UMP font parties d’un jeu de dupe. Elles permettent de faire croire aux électeurs des deux camps qu’ils auront à boire et à manger… mais à l’arrivée ils crèveront tous de faim et de soif.

La vie politique et intellectuelle de ce pays devient pathétique par les menteurs et les jeanfoutres qui l’animent.

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Laurent Wauquiez et Henri Guaino ont publié ce vendredi matin dans « Le Figaro » une tribune signée par 40 parlementaires UMP pour « tout changer » en Europe au lendemain du lancement de la campagne du parti. L’eurodéputé Alain Lamassoure, tête de liste en Ile-de-France demande aux dirigeants de l’UMP de « clarifier » les positions.

Voilà une campagne pour les élections européennes qui commence bien mal pour l’UMP. Au lendemain du coup d’envoi donné jeudi par Jean-François Copé, Laurent Wauquiez, Henri Guaino et quarante parlementaires UMP publient ce vendredi matin une tribune dans « Le Figaro » dans laquelle ils demandent de « tout changer » en Europe.

Certes, les divisions sur l’Europe au sein de la droite sont anciennes. Certes, la constitution des listes pour le scrutin du 25 mai avait déjà été l’occasion de forts tiraillements en interne avec menaces, comme celle de l’ex-président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, de quitter l’UMP avec 50 députés face à certaines investitures, ou encore affirmations tranchées, comme celle de Henri Guaino, qui refuse de voter pour Alain Lamassoure, tête de liste en Ile-de-France. Et certes, si les dirigeants de l’UMP ne cessent de répéter que le débat entre les souverainistes et les fédéralistes est dépassé, comme pour s’en convaincre et clore tout débat, les voix dissonantes ont pris de la force.

Avec un Xavier Bertrand, qui ne croit plus au « Merkozy ». Et surtout, Laurent Wauquiez et sa proposition de revenir à une Europe à six. « Positions populistes », et « approche marketing », avait taclé jeudi Jean-François Copé en lançant la campagne du parti. Comment peut-on « faire du Le Pen » quand on est si jeune et si diplômé avait tempêté Jean-Pierre Raffarin en comité politique la semaine dernière… Jeudi, cahin caha, le président de l’UMP n’avait eu de cesse de souligner que la ligne politique du parti pour son projet européen – « résolument pro-européenne sans eurobéatitude, pour une Europe à géométrie variable et des réformes profondes en France » -, avait été adoptée « par toutes les instances du parti à une écrasante majorité ».

Las, la publication de la tribune dans « Le Figaro » fait franchir à l’UMP une nouvelle étape dans la cacophonie. Ce texte est signé par quarante parlementaires, du filloniste Bernard Brochand au « bertrandiste » Gérald Darmanin, en passant par Patrick Ollier, Lionnel Luca, Arlette Grosskost, ou les députés de la Droite populaire Jean-Charles Taugourdeau, Philippe Meunier, Jacques Myard. Ces élus écrivent que « l’urgence n’est plus à la valse-hésitation des ajustements à la marge du Meccano institutionnel, l’urgence est aux remises en cause profondes » quand le parti propose dans son projet une « Europe à géométrie variable », à traités constants, loin d’une remise en cause profonde. « L’austérité aveugle qui détruit la croissance et creuse les déficits, ça ne peut plus durer », poursuivent-ils. Quand le projet adopté par l’UMP fin décembre propose de réduire les dépenses publiques de 130 milliards sur cinq ans… Et les signataires appellent leur « famille politique » à « tirer des conclusions politiques en rupture avec les atermoiements des dernières décennies ». « Se résigner à inscrire la politique de la France dans le cadre d’une construction européenne la dérive sans le changer profondément serait moralement inacceptable et politique intenable. Cette résignation nous condamnerait rapidement à l’échec si les Français nous confiaient à nouveau le festin du pays ».

Une tribune qui a déclenché l’ire d’Alain Lamassoure, assurant vendredi matin «  en vouloir à ceux qui dans certains partis politiques, y compris à l’UMP, veulent instrumentaliser le débat européen dont ils sous-estiment l’importance, au profit de leur exposition médiatique personnelle ». Avant d’ajouter qu’il n’admettait pas « que dans cette tribune, on critique tout ce qui a été fait au niveau européen depuis trente ans. » Et puis le président de la commission des budgets du Parlement européen a lancé « un appel aux dirigeants de l’UMP », leur demandant « après ces déclarations divergentes » de « clarifier les positions pour que les Français sachent sur quelle plateforme électorale nous faisons campagne» et de « tirer toutes les conséquences » de la publication de cette tribune. « J’ai absolument besoin d’être sûr que tous les dirigeants de l’UMP sont derrière nous ! » a-t-il rappelé ce vendredi lors du « Talk-Orange-Le Figaro ». Jean-Pierre Raffarin s’est lui fendu d’un twitt pour tenter d’éteindre l’incendie  : « A l’UMP, la ligne pro-européenne ne fait pas l’unanimité mais elle est majoritaire ! ». Ambiance, dans un parti qui craint d’arriver derrière le Front national lors des élections du 25 mai.