Mafia PS : Gestion opaque et règlement de comptes à la fédération du PS de Haute-Garonne

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La guerre est déclarée à la fédération du PS de Haute-Garonne. Le premier fédéral Joël Bouche a démissionné et la députée Monique Iborra dénonce une gestion opaque.

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La gestion des finances de la puissante fédération du Parti socialiste de Haute-Garonne est-elle opaque ? C’est ce qu’affirme la députée Monique Iborra dans un courrier au vitriol adressé hier matin aux quelque 6000 adhérents du PS départemental. La parlementaire demande des comptes à Joël Bouche, le premier secrétaire fédéral démissionnaire, qui aurait selon elle engagé des dépenses disproportionnées. Mme Iborra réclame un audit financier et exige que «toute la lumière soit faite» sur la gestion financière de la fédération.

L’intervention de la députée socialiste est surprenante dans la mesure où le PS a pour habitude de laver son linge sale en famille, surtout pour des questions financières. En fait, Mme Iborra s’est sentie obligée de répondre à Joël Bouche, qui l’avait mise en cause en début de semaine dans un premier courrier adressé aux militants socialistes.

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Les accusations d’Iborra

La réponse de Monique Iborra est donc intervenue hier matin : «J’ai en effet suspendu le versement de mes cotisations à la fédération après avoir constaté une opacité totale sur la gestion financière, écrit-elle.

À savoir notamment : versement d’indemnités au premier secrétaire fédéral mensuellement sans que qui que ce soit ne soit informé ; emprunt de 100 000 € pour travaux, et notamment réfection de la façade, sans que les élus contributeurs n’en soient également informés…

Des camarades du bureau fédéral ont demandé à plusieurs reprises qu’un point soit fait sur les finances, nous attendons toujours. Je reprendrai le versement de mes cotisations et réglerai l’arriéré à la fédération lorsque le nouveau premier secrétaire fédéral aura fait toute la lumière sur la gestion financière de la fédération».

Mme Iborra se fait ainsi l’écho de nombreux militants qui ne comprennent pas pourquoi la fédération a engagé d’importants travaux de rénovation (façade, menuiseries, climatisation etc.) à un moment où elle perd de l’argent. Selon certaines sources, la défaite aux municipales et le manque à gagner des cotisations d’élus coûteraient environ 80 000€ par an. «Ces travaux sont inutiles ou pouvaient attendre ; on fait de la politique, pas de l’embellissement» juge un cadre fédéral. «Tout a été fait dans la plus grande transparence, assure Joël Bouche. Le bâtiment est âgé, il fallait le rafraîchir. L’emprunt est compensé par des économies réalisées sur d’autres postes de dépenses. Quant aux finances, ne vous inquiétez pas : la fédération est bien gérée.»

Premier fédéral adjoint et successeur pressenti de Joël Bouche, Sébastien Vincini ne souhaite pour l’heure faire aucun commentaire : «J’appelle chacun au calme, à la sérénité et au respect des militants». Ces derniers doivent désigner lundi soir leurs candidats aux élections sénatoriales. Un scrutin sous haute tension.


Les frais de Bouche

Dans son courrier, Monique Iborra reproche à Joël Bouche «le versement d’indemnités sans que qui que ce soit ne soit informé». «Tout est justifié» répond l’ancien premier secrétaire, précisant qu’il était défrayé pour ses notes de restaurant (invitations) et ses trajets à raison de 40 centimes par kilomètres. «Je ne suis pas salarié», ajoute-t-il.