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Mali : des journalistes tenus en laisse !

Le général en chef des armées, François Hollande — à la manière de Sarkozy lorsque qu’il partait faire le mariole en compagnie de BHL, son médiatique guerrier, rouflaquettes tombantes sur le col d’une chemise immaculée — s’en est allé, à bord de Force Numéro 1, faire un petit tour au Mali, jusqu’à Tombouctou, sur les traces de Joseph Gallieni, sous protection des légionnaires du 2e REP, serrer au passage la cuillère de la population reconnaissante et des militaires de métier dont le job est tout de même de faire la guerre, que ce soit aux bédouins terroristes ou à d’autres emmerdeurs barbus ou pas.

(…)

À l’américaine, quasiment une première chez nous, les journalistes ne sont pas autorisés à se déplacer librement. Circulez, il n’y a rien à voir. Pas un cadavre de terroristes à se mettre sous l’œil, dans le viseur, pour finir sur le petit écran, encore moins celui d’un civil victime, certes regrettable, mais collatérale. Pas même celui d’une chèvre, d’un chameau, d’un bourricot qui n’aurait pas eu le pot de venir béqueter un épineux à proximité d’un pick-up bourré de barbus qu’un missile tiré de loin serait venu détruire.

Les confrères ne sont autorisés à crapahuter, puis à « taper » comme on dit, une fois que la femme de ménage est passée nettoyer le terrain. Ne leur reste plus qu’à se mettre sous la dent deux ou trois cases, repaires de terroriste anéantis, quelques carcasses de camionnettes noircies, calcinées, encore fumantes, des convois de militaires français qui déboulent dans les villes libérées, accueillis façon 14 juillet à l’africaine, des civils ravis de retrouver la liberté, quelques élus du coin qui blablatent après la bise, ravis de revenir, mais qui s’étaient tout de même courageusement barrés, laissant leurs concitoyens dans la merde aux mains des barbus…

Ce sont ces images qui tournent en boucle depuis des jours, ce qui n’a pas l’air de tournebouler grand-monde, surtout pas les spécialistes du monde arabe, de l’Afrique et de la défense nationale qui, à la place des grands reporters privés de terrain et de reportages, s’en donnent à cœur joie.

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