Politique

Marine Le Pen sort l’artillerie lourde contre la «racaille radicalisée» (maj vidéo)

Article de Libération

Marine Le Pen déclare la guerre «à la racaille radicalisée» des banlieues.
«On ne se bat pas plus contre Ben Laden. Les terroristes aujourd’hui, ce sont des jeunes délinquants souvent multirécidivistes bien avant leur majorité, passés par la prison. Merah, Nemmouche, les frères Kouachi et Coulibaly, ce sont des clones. Ils présentent le même profil », a déclaré, vendredi, au siège de son parti, la présidente du Front national lors d’une conférence de presse destinée à présenter les mesures de sa formation contre l’islam radical.

La patronne de la formation d’extrême droite n’hésite pas à faire le lien «entre l’immigration légale et clandestine qu’il faut absolument tarir et le développement de cet islam radical sur le territoire français. Ce serait dangereux et illusoire que de ne pas le voir. Il faut cesser d’accepter au sein de notre nation des gens qui n’ont rien à y faire».

«Stop à la construction de lieux de culte sur des fonds publics»

La candidate à l’élection présidentielle de 2012 demande une nouvelle fois la suspension «immédiate» des accords de Schengen. Les tragiques événements de la semaine dernière lui permettent également de ressortir l’arsenal de mesures prônées déjà de longue date par le FN sur l’air du «on vous l’avait bien dit, et depuis longtemps». A commencer par la réforme du code de la nationalité, avec la suppression du droit du sol, vieille revendication du FN.

Marine Le Pen, qui a dénoncé une nouvelle fois vendredi la montée des communautarismes, a beau jeu de rappeler qu’elle a été «la première des responsables politiques à dénoncer les prières de rue, les exigences alimentaires particulières dans les écoles, les revendications religieuses dans les entreprises. Il y a aujourd’hui des gens qui se sentent en rupture avec la société française. Le communautarisme est le terreau de l’islamisme».

Pas question, pour elle, de procéder à un réaménagement de la loi sur la laïcité républicaine, comme quelques responsables politiques ont pu le proposer, mais au contraire «rétablir son application de manière rigoureuse et totale». Elle se défend d’établir l’amalgame avec «l’ensemble de nos compatriotes musulmans qui n’ont rien à voir avec l’islam radical», tout en rappelant qu’il n’y a pas de «communauté en France. Il n’y a que

des Français de confession musulmane ou juive», et en proposant des mesures qui ciblent en priorité «les Français de confession musulmane». La présidente du FN dit «stop à la construction de lieux de culte sur des fonds publics, stop à la gestion des lieux de culte par des puissances étrangères», visant le Qatar et l’Arabie Saoudite, nommément désignés par elle. Pas question non plus de se borner «à une simple lutte contre le terrorisme. Ce serait un aveuglement». Pas question enfin d’un Patriot Act à la française, qui viendrait restreindre «les libertés publiques et individuelles auxquelles, au FN, nous sommes très attachés».
«Pas à la hauteur des enjeux»

Dans l’arsenal frontiste figure également le port de l’uniforme à l’école, le rétablissement du service militaire, un accroissement des moyens alloués aux forces de sécurité et la création d’une brigade spéciale de la gendarmerie chargée «d’aller chercher les armes dans les banlieues». Des forces d’intervention qui existent déjà au sein de la gendarmerie. Pour elle, les mesures annoncées par le Premier ministre, Manuel Valls, mardi dernier dans son discours à l’Assemblée nationale, «ne sont pas à la hauteur des enjeux».«L’union nationale a été dévoyée en garde-à-vous national. Et chacun doit applaudir aux mesures annoncées par le gouvernement. L’union nationale ne doit pas servir d’étouffoir au débat», estime Marine Le Pen qui, elle, a décidé de sortir du rang avant les autres.
Christophe FORCARI