Politique

Orchestre d’Anne Gravoin (Mme Valls) : une pétition réclame la publication des comptes

L’enquête de « l’Obs » sur l’Alma Chamber Orchestra, l’orchestre dirigé par Anne Gravoin – l’épouse de Manuel Valls – n’en finit pas de faire des vagues. Après la démission d’Anne Gravoin de son poste de directrice artistique, annoncée par nos confrères de « Closer », l’ONG Sumofus a mis en ligne lundi 25 avril au matin une pétition pour demander la publication des comptes financiers de la société d’Anne Gravoin, AG Productions, prestataire et productrice de l’Alma Chamber. Mardi à la mi-journée, la pétition recueillait déjà 23.000 signatures.

Dans le numéro du 31 mars, « l’Obs » révélait que cet orchestre pour la paix avait été aidé et financé par deux proches de Denis Sassou-Nguesso, le dictateur congolais. Le premier, Jean-Yves Ollivier, s’est longtemps occupé de l’écoulement de la production pétrolière du Congo-Brazzaville.

L’autre, Ivor Ichikowitz, est le principal fournisseur d’armes du régime de Sassou-Nguesso. Après 32 ans de règne, ce dernier a été reconduit à la présidence du Congo-Brazzaville le 20 mars dernier, dans des conditions très controversées. De nombreux affrontements ont eu lieu depuis dans le pays.

A travers l’histoire de cet orchestre, ce sont bien les liens entre Manuel Valls et le régime de Sassou-Nguesso qui posent question. Le 17 juin 2015, le Premier ministre français remettait en personne les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur à Jean-Yves Ollivier. Quelques jours plus tard, il se rendait à l’hôtel Shangri-La, à Paris, où séjournait Denis Sassou-Nguesso, alors en voyage officiel en France.

« Nous demandons des explications »

Nabil Berbour, chargé de campagne de Sumofus en France, lance :

« Nous n’accusons personne. Nous demandons simplement à Manuel Valls des explications sur cette affaire, de la même manière qu’avec David Cameron lors de sa mise en cause dans les Panama Papers. » 

Fondée par Taren Stinebrickner-Kauffman, une américano-australienne qui vit à San Francisco, Sumofus dit combattre « les abus de pouvoir des multinationales ». En France, où elle affirme compter sur un réseau de 450.000 membres, elle s’est illustrée le mois dernier avec une pétition contre le néonicotinoïde, un pesticide qui tue les abeilles (plus de 200.000 signatures).

David Le Bailly et Caroline Michel

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