Politique

Primaire de la droite : Jean-Frédéric Poisson accompagné au débat par un soutien FN

Karim Ouchikh, président du Siel, un parti associé au FN, a été convié par Jean-Frédéric Poisson à assister jeudi soir à l’émission. Vendredi, il réitère toutefois son appel à voter pour Marine Le Pen.


Parmi les invités qui composaient, jeudi soir, le public du premier débat de la primaire de la droite, tous ne voteront pas pour le gagnant lors du premier tour de l’élection présidentielle. Karim Ouchikh, président du Siel, un parti associé au Front national, en est la preuve. Il a été convié dans le studio de télévision par Jean-Frédéric Poisson, le représentant du Parti chrétien-démocrate (PCD). «J’espère que c’est un déçu un du FN!», commente l’ancien ministre juppéiste Benoist Apparu, semble-t-il surpris par sa présence…

Karim Ouchikh déçu par la présidente du FN? Certainement pas. «J’appelle à voter pour Marine Le Pen», confirme-t-il vendredi au Scan. «Mon cœur ne balance pas», jure-t-il. S’il était présent la veille, c’était pour tenter de construire un pont entre le FN et la droite. Quelques jours auparavant, Jean-Frédéric Poisson avait déclaré àValeurs Actuelles qu’il serait un jour capable de voter pour «un candidat FN honnête». «Le FN a changé, c’est incontestable», a-t-il complété.

Les juppéistes s’insurgent

Alors jeudi, Karim Ouchikh a vu l’occasion de préparer l’avenir. «La seule possibilité de victoire pour Marine Le Pen au second tour est d’établir un dialogue. (…) J’imagine bien Jean-Frédéric Poisson appeler à voter pour Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle», s’enthousiasme-t-il. Pendant le débat, Jean-Frédéric Poisson a toutefois affirmé qu’il soutiendra quoi qu’il en soit le vainqueur de la primaire. «Il n’a aucun intérêt à aller se fondre au Front national», commente Christine Boutin, la fondatrice du PCD. «Si Juppé gagne, on fera tout pour le faire perdre», aurait-il toutefois affirmé selon un indiscret de RTL diffusé en avril dernier.

Interrogé par Le Scan sur ce début de rapprochement, le porte-parole d’Alain Juppé, Maël de Calan, s’est insurgé: «C’est surréaliste, un peu comme si Nicolas Sarkozy était venu au débat avec les six ministres de gauche qu’il a nommés en 2007. (…) Les déçus de Hollande et du FN qui ont changé d’avis sont les bienvenus, pas les cadres du FN qui rêvent par ailleurs de détruire la droite républicaine». «Étant élu sur les listes de Marine Le Pen, il n’avait pas à être invité à un débat qui ne le concerne pas», abonde le conseiller juppéiste de Paris, Pierre-Yves Bournazel. Chez les organisateurs du scrutin, c’est en revanche silence radio…

Karim Ouchikh, «en communion de pensée» avec le député des Yvelines, ne sait pas encore s’il ira voter à la primaire de la droite. Il doit en discuter avec les membres de son parti.

 

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