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Qu’est-ce qu’on a fait au cinéma français ?

Le cinéma français est devenu un cinéma de propagande. Pas une semaine ne passe sans qu’une production française sur la diversité, le multiculturalisme, l’immigration, les minorités ethniques, ou religieuse ne sorte. Dans chacun de ces navets, l’homme blanc, catholique et hétérosexuel est ridiculisé, et passe pour un gros beauf. En revanche les enfants de l’immigration sont des victimes et de véritables pépites dont nous aurions tord de nous priver.

Subventionné par l’État et aidé par des chaines de bobo comme Canal+, le cinéma français doit obéir à des codes et à un discours qui sont ceux de ses mécènes. Une politique de guichet qui détruit l’art, la pensée et la liberté. Tragique !

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On ne dira jamais assez combien Youtube est utile au cinéphile. 95% des films français se résumant à leur bande-annonce, une petite visite sur les sites de vidéo vous épargne un temps et un argent précieux.

Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, qui sort aujourd’hui dans toutes les mauvaises salles de cinéma, n’échappe pas à la règle. Comme les meilleurs critiques de cinéma, je me suis contenté de regarder la bande-annonce pour en faire l’exégèse. Je ne vous raconterai donc pas ce que ce film dit, mais ce qu’il veut dire.

Ça tombe bien, le « pitch » de cette œuvre oubliable tient à l’aise sur un confetti :

un couple de vieux cathos, joués par Christian Clavier et Chantal Lauby (qu’on préférait en Barbara Gourde ou Pénélope Solète…) est poursuivi par une étrange malédiction : toutes ses filles épousent qui un musulman, qui un juif, qui un chinois, qui un noir. Désespérés par leur progéniture, les deux époux font grise mine à chaque mariage, pour le plus grand bonheur des scénaristes qui enfilent les gags éculés comme les grains d’un chapelet.

« Les Français sont mauvais et bêtes », entend-on dans la bouche du beau-père africain dit « Amin Dada » (quelle trouvaille humoristique !). Cela va sans dire, toute autre catégorie ethno-raciale aurait crié à la stigmatisation mais comme l’axiome « catholique = français = cible gratuite et sans danger » semble faire l’unanimité, aucune ligue de vertu antiraciste ne portera plainte à l’énoncé de cette réplique un peu raide. Si d’ordinaire vous envisagiez d’adapter les mêmes vannes qui tachent en visant une autre communauté, fût-ce pour faire rire, je vous conseille de vider votre P.E.L et vous souhaite bien du bonheur à la 17e chambre.

Le catho, une cible trop facile ? Il est évidemment bien plus aisé de taper sur la majorité opprimée qui consent à marier ses filles avec des « étrangers », sans pousser à la conversion. Imaginez le même scénario avec un juif ou un musulman, cela eût exigé un peu plus de courage, de celui dont fit preuve Roschdy Zem lorsqu’il écrivit et mit en scène Mauvaise foi, l’histoire toute simple d’un musulman qui épouse une juive, avec les complications familiales que l’aventure comporte. Cela ne donna pas le film du siècle mais une gentille comédie romantique bien plus digeste que les facéties lourdingues du Jamel Comedy Club filmées par l’équipe de Neuilly sa mère.

Espérant décrocher le jackpot, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? reproduit la bonne vieille recette terra-noviste d’Intouchables : de manière subliminale, chaque scène suggère que le salut de la vieille tranche passe par l’enfant d’immigré. Ici, les vieux cathos réacs et fachos – rayer la mention inutile – sont tout juste bons à engendrer de sublimes jeunes filles fuyant le carcan familial dans les bras de la France multiculti. Par l’alliance de la droite Neuilly (Clavier) et de la gauche Montreuil (l’ex-”Nuls” Lauby), la production compte certainement drainer toutes les classes sociales. Encore une grosse ficelle pour attraper le spectateur comme un gardon affamé et faire un carton en salles !

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai ni écrit ni pensé. En tant qu’enfant de couple mixte, avec un pied corrézien et l’autre tunisien (ce qui fait certes beaucoup de défauts pour un seul homme…), le métissage ne me hérisse pas pour deux sous. Mais, contrairement à ses croyants zélés, le pratiquant que je suis se fatigue des prosélytes…

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