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Réduire le nombre de bacheliers pour reconstituer une classe cultivée…

Entretien avec Renaud Camus

Question foot évidemment. Tout le monde craint des débordements des supporters algériens ou franco-algériens en cas de victoire de leur équipe lors des prochains matches. Pourtant, il semble qu’il y ait aussi beaucoup de bruit pour rien… Des rumeurs d’une église qui aurait été brûlée dimanche soir à La Duchère étaient infondées, par exemple… On cherche à se faire peur ou à faire peur ?

Pardonnez-moi, mais là il me semble que vous évacuez bien vite la réalité des faits. Qu’il y ait eu des exagérations et même peut-être des inventions dans la relation qui en a été donnée, c’est possible, c’est tout à fait regrettable, mais enfin vous-même vous parlez de franco-algériens et de leur équipe. Si c’est leur équipe, ils ne sont pas français. Et s’ils ne sont pas français ils ne doivent pas rester en France en tant que peuple. S’ils y restent, et en ces termes-là, alors il y a conquête, colonisation. Et en ce cas les indigènes et assimilés sont pleinement fondés à s’engager dans une lutte anticolonialiste, pour la libération de leur territoire.

Partout dans le monde on voit craquer ces fictions imposées par le colonialisme d’abord, justement, puis par l’antiracisme remplaciste, qui s’obstine à vouloir faire vivre ensemble des peuples et des individus qui n’en ont pas la moindre envie et qui n’aspirent au contraire qu’à la séparation, au divorce, à la décolonisation. Voyez l’Ukraine, voyez l’Irak, voyez la Centrafrique ou le Mali. D’où vient le mythe de l’intangibilité des frontières ? D’un système de pensée qui veut l’homme remplaçable à merci, ou séparé, comme dit Hervé Juvin. Grand Remplacement et Grande Séparation, pour reprendre le titre de son livre, vont main dans la main, sinistrement. Et le récent redécoupage territorial de François Hollande, qui ne tient aucun compte de l’histoire, des identités, des appartenances, et traite les citoyens comme s’ils étaient des pions, des robots désincarnés, sans attaches, va dans le même sens. Il faut revenir à la nation, à la culture, aux civilisations, à l’âme des peuples : soit en pratiquant des modifications de frontières (Ukraine) ou des partitions (Irak), soit en recourant à la remigration (France, Europe), sur le modèle de ce qu’a fait en 1962 l’Algérie tant aimée de nos actuels colonisateurs, mais en y mettant infiniment plus d’humanité qu’elle n’en a alors témoigné.

Question Bac. Faut-il le supprimer dès lors que 90 % des candidats l’obtiennent ou est-ce important de le conserver comme “rite initiatique” ?

Il ne faut pas le supprimer, il faut le rendre à lui-même, c’est-à-dire lui redonner un sens. L’In-nocence propose depuis longtemps un objectif modeste et raisonnable, une réduction de 5 % par an du nombre des bacheliers. On arriverait ainsi assez rapidement à un taux de 50 %. C’est loin d’être l’idéal, mais ce serait tout de même moins ridicule que la situation actuelle. Et cela pourrait servir de base à la reconstitution progressive d’une classe cultivée.

Benoît Hamon veut revoir le système de notation scolaire. Supprimer les mauvaises notes suffit-il à devenir bon élève ?

On voit là en plein fonctionnement l’industrie de l’hébétude, la fabrication en masse de l’homme remplaçable, de l’homme séparé de lui-même, du zombie, instrument du réensauvagement de l’espèce. Il y a urgence à arracher l’Éducation nationale à ces gens-là et, comme ils la tiennent bien serrée entre leurs griffes, comme ils la sont, la constituent, il n’y a d’autre issue que la sécession — mais la sécession interne, à l’amiable, sur la base du triple volontariat : des maîtres, des parents et des élèves eux-mêmes. Il faut constituer à l’intérieur du système des poches de résistance, sur le modèle des couvents du haut Moyen Âge.

Vincent Lambert. Le Conseil d’État a rendu sa décision. Qu’en pensez-vous ?

Sur ce point comme sur quelques autres, je crains de ne pas penser comme la majorité de vos lecteurs. La vie me semble ne pouvoir être indéfiniment une affaire de tubes et de tuyaux.

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