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Roubaix : Face aux « nuisances », des habitants prêts à se faire justice eux-mêmes

Voilà le quartier dans lequel tout cela se passe :

roubaix rue desaix

Dans le quartier du Pile à Roubaix (Nord), les habitants avouent être à bout face aux «nuisances». Certains veulent reconquérir la tranquillité par leurs propres moyens…

Beaucoup m’ont dit qu’ils voulaient faire justice eux-mêmes. Il faut leur faire comprendre quelles seraient les conséquences d’un passage à l’acte. Je sais, ce n’est pas facile. Mais leurs vies seraient bouleversées… » Milouda Ala, adjointe au maire en charge des quartiers Est.

«Le matin, la première question que l’on se pose, ce n’est pas Comment ça va mais Est-ce que tu as réussi à dormir !»

Cette nuisance, elle est bien identifiée : «Entre quinze et trente jeunes. Ils sont devant chez nous, jour et nuit. Ils boivent, fument, cassent des carreaux…» Elle et ses voisins parlent de rodéos en quads, d’habitations squattées, de commerce illicite… Et toujours du bruit, des invectives, des dégradations et une saleté récurrente. Les troubles se concentrent entre la rue Condé et la rue Desaix.

Une dame, née dans le quartier il y a 68ans, s’indigne. «On a peur de sortir de chez soi. Un jour où je me plaignais, ils m’ont dit : T’as qu’à déménager la vieille ! »

Selim Mel, le président du comité de quartier, avoue son impuissance. « J’essaye d’aller les voir, de faire de la médiation. La seule réponse que ces

jeunes apportent, c’est de dire que ce n’est pas eux, qu’ils ne font pas le bordel. Mais ce sont toujours les mêmes… »Un habitant le coupe. « On arrive à un stade où la discussion ne sert plus à rien. Il faut sévir !» Et un autre d’embrayer. «Qu’est ce qu’on fait ? Il faut créer une milice ?» Dans leur colère, ces personnes basculent dans la volonté de se faire justice eux-mêmes. «Moi, ma sœur vit seule avec ses enfants. S’il lui arrive quelque chose, je les butte !» Face à cette situation, Selim Mel s’alarme. […]

« J’ai rencontré les habitants qui se sont constitués en collectif. Les problèmes sont le fait de jeunes, souvent mineurs, qui font leur loi. Ils sont très chahuteurs jusqu’à 4h du matin, ils se permettent de casser, de détruire… J’ai déclenché des passages de la Police nationale et de la police municipale. Ils font du harcèlement, passant dix fois par jour pour des contrôles d’identité. Mais c’est le maximum que l’on puisse faire face à des mineurs. » déclare Milouda Ala.

La Voix du Nord

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