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Scandale à l’UMP, le texto qui accuse Sarkozy

France TV Info

Ce sont quelques caractères qui pourraient considérablement gêner Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé dans le scandale Bygmalion. Dans une lettre adressée au parquet, et révélée par Le Figaro (pour abonnés) mardi 17 juin, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Guillaume Lambert, livre le contenu d’un texto embarrassant : celui-ci indique en effet explicitement que le patron de l’UMP a alerté le président de la République d’alors du dérapage des dépenses liées à sa campagne présidentielle.

Ce SMS aurait été envoyé à Guillaume Lambert par Jérôme Lavrilleux, alors directeur adjoint de la campagne et bras droit de Jean-François Copé, le 28 avril 2012, à 12h19. Le soir-même, Nicolas Sarkozy doit tenir un meeting à Clermont-Ferrand. « Jean-François ne vient pas à Clermont, il y est allé la semaine dernière. Louer et équiper la deuxième halle est une question de coût. Nous n’avons plus d’argent. JFC [Jean-François Copé] en a parlé au PR [président de la République]. » Finalement, le coût de ce meeting déclaré à la commission des comptes de campagne sera de 154 706 euros, pour un prix réel de 623 293 euros, selon le site Mediapart.

Un dépassement du plafond de 17 millions d’euros ?

Ce texto ne permet pas de savoir si Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ont ensuite été mis au courant de la mise en place d’un système présumé frauduleux pour maquiller les dépassements des frais de la campagne. En revanche, il prouve que les deux personnes indiquées dans le SMS étaient au moins au courant de l’envolée des dépenses liées à l’organisation des meetings, des déplacements, etc.

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Le Dauphiné

Qui veut prospérer dans la délinquance doit se méfier de la technologie. Colonna et sa clique furent jadis confondus à cause de leurs téléphones portables. Un dictaphone caché par le majordome fit éclater l’affaire Bettencourt. L’aveu distraitement confié à un répondeur causa la perte de Jérôme Cahuzac… Voici maintenant le SMS révélé par Guillaume Lambert, qui dirigeait la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Que dit ce texto, envoyé par son adjoint Jérôme Lavrilleux entre les deux tours de la présidentielle ? Ce qu’il ne fallait surtout pas dire : « Nous n’avons plus d’argent. JFC en a parlé au PR. » Derrière les initiales, on reconnaît Jean-François Copé et le président de la République. Soit deux hommes censés « n’avoir jamais rien su » des acrobaties financières à l’intérieur du parti. Quelques caractères, sans doute tapés d’un pouce distrait, semblent aujourd’hui indiquer le contraire. Le patron démissionnaire de l’UMP, après ça, peinera à garder sa posture de chef intègre trahi par ses collaborateurs. Qu’il n’ait pas vu passer les fausses factures émises par le mouvement – à hauteur de 17 millions aux dernières nouvelles !- devient une hypothèse de moins en moins crédible. D’autant que la société Bygmalion, complice de l’escroquerie, se trouvait dirigée par des amis proches.

Tout en haut de la pyramide, M.Sarkozy vacille. L’enquête ouverte risque fort de remonter jusqu’à lui, lestant ses bagages d’un énième boulet judiciaire. S’il revient en politique, ce ne sera pas d’un pied léger…

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