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Témoignage : En garde à vue pendant 24 h pour port de sweat de la Manif pour tous

Matthieu Colombani, délégué général du Parti chrétien-démocrate (présidé par Christine Boutin), a passé près de 24 heures en garde à vue au commissariat du XVIIIe arrondissement, rue de l’Evangile. Propos recueillis par «Valeurs actuelles».
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«Vous savez, moi j’ai des ordres, je les exécute. Si vous êtes là c’est qu’il y a des raisons, le reste ne me regarde pas. Si j’ai un uniforme, c’est pour exécuter». (Un agent de police)

Le samedi 25 mai, je me promenais sur les Champs-Elysées durant la soirée avant de rejoindre les veilleurs. Aux alentours de 21h15, je croise Luca Volontè [président de groupe PPE à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ; NDLR] accompagné de Loïc Lafayette, l’un des cadres de la Manif pour tous. Nous décidons d’observer le rassemblement de jeunes de la Manif et les mouvements des forces de l’ordre.

Aux alentours de 22 heures, alors que nous étions à proximité de l’enseigne Louis Vuitton, deux CRS me prennent par le bras en me disant : «Vous portez le sweat de la Manif, on vous interpelle». C’est donc entouré de deux CRS que j’ai descendu les Champs-Elysées jusqu’au car de police stationné bien plus bas.

Nous étions plus d’une cinquantaine à nous retrouver en état d’arrestation, interpellés chacun à des endroits différents et dans des situations bien différentes. Notre seul point commun : le port de l’emblème de la Manif ou un soutien affiché au rassemblement des jeunes.

Certains agents de police n’hésitent pas à nous provoquer ou à nous démontrer qu’ils ne nous feront pas de «cadeaux».

Les comportements des agents de police étaient très variables selon leur âge et leur grade. Alors que certains d’entre eux n’hésitaient pas à nous menacer «d’outrage à agent», à nous humilier par des allusions à notre éducation ou nos lieux de naissance («Ah, encore un Versaillais, y a que ça ici !»), à notre formation («Vous êtes juriste ? Dites plutôt que vous êtes à la fac de droit parce que des juristes en garde à vue, ça démontre bien votre niveau pitoyable»), d’autres plaisantaient avec nous et nous apportaient discrètement leur soutien. […]

Aux alentours de 21 heures, un gradé est venu nous apporter son soutien : « Bravo les jeunes, c’est beau ce que vous faites. Continuez ! Nous avons des ordres de faire du chiffre alors faites un peu attention à vous, mais ne lâchez rien». Quelques minutes plus tard, nous étions dehors.

Valeurs actuelles