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Toulouse : Une femme voilée échange insultes et coup avec les policiers

«J’en ai marre de ressentir le racisme des gens quand ils me regardent parce que je suis voilée». Hier devant ses juges, en comparutions immédiates, Linda, 27 ans, se présente plutôt calme. Mardi, à la station métro Jean Jaurès à Toulouse, une patrouille de policiers croise la route de la jeune femme. Elle porte le niqab, ce voile qui cache l’intégralité du corps de la femme sauf les yeux.

«Les policiers déclarent que vous avez crié : Je ne vous aime pas», explique la présidente Rivière. «Non. Ce sont eux qui m’ont parlé en premier», répond la prévenue. Et quand un des policiers lui a demandé d’ôter son voile car elle se trouvait dans un lieu public, des insultes ont fusé. Linda a été interpellée.

Dans le local de la police de la station, une fonctionnaire a tenté de procéder à une palpation de sécurité. Une gifle est donnée. Geste volontaire ? Les versions diffèrent, encore. «Un geste d’auto-défense. Je n’ai pas l’habitude qu’on me touche le corps», précise Linda. Pour la policière : «Ce geste était volontaire».

«Pourquoi avoir insulté les policiers ?», interroge la présidente. «J’ai été frappée pendant un an et demi quand j’habitais aux Pradettes et les policiers n’ont rien fait. Je n’aurais pas dû dire ça. Je m’excuse». Et elle poursuit : «J’ai été agressée en octobre 2011 et je porte le voile depuis novembre 2011. D’habitude, je ne porte pas le niqab, juste le voile, mais là j’étais fatiguée.»

Me Grandjean, avocat des policiers, regrette : «Elle se plaint du racisme primaire mais elle a fait preuve, ici, d’un anti-flic primaire». Linda, poursuivie pour violences et outrages à l’encontre des policiers et pas pour le port du niqab, écoute les réquisitions du procureur Farge : «Exiger le respect des autres suppose de respecter les autres d’abord». Il demande une peine de trois mois avec sursis.

Me Amiel, avocat de la prévenue, raconte l’histoire de cette femme qui «doit faire face à des difficultés à la suite d’agressions dont elle a été victime. Elle a eu une réaction épidermique, elle n’a pas voulu ce qui s’est passé».

Le tribunal a finalement condamné Linda à la peine de deux mois de prison avec sursis.