Économie, Écologie...

Transport routier : le secteur a déjà perdu 20.000 emplois en 2012.

Précision : Il faut ajouter à l’écotaxe qui sera appliquée en 2013, la mise en œuvre des règles de libéralisation du cabotage routier, imposée par l’Union Européenne. C’est une concurrence déloyale dont vont souffrir les employés du secteur. En effet, le droit français comptabilise comme temps de travail « tout le temps passé au service de l’employeur », alors que la législation européenne exclut les temps d’attente qui sont légion dans ce métier.
Du coup, un conducteur français pourrait coûter bien plus cher par mois qu’un conducteur d’un autre pays européen.

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L’année 2013 s’annonce bien sombre dans le transport routier. Après trois années de redressement, le secteur est à nouveau rattrapé par la crise. Et l’hécatombe a commencé dès 2012 :
le nombre de faillites de transporteurs routiers a augmenté de 10%, selon Jean-Paul Deleville, délégué général de la fédération nationale des transports routiers, interrogé au micro d’Europe 1.

Une hémorragie d’emplois. Du côté des salariés, ces faillites ont entraîné une vraie saignée : 20.000 postes ont été supprimés au cours de l’année écoulée.

« C’est beaucoup plus que des plans sociaux annoncés, et ils sont tout aussi cruels, même s’ils sont disséminés », fait remarquer Jean-Paul Deleville.

Pourquoi le secteur est à la peine. Plusieurs facteurs sont à l’origine des difficultés du secteur : l’économie française à la peine, tout d’abord, qui a entraîné un recul des commandes de livraison sur deux années consécutives, du jamais-vu depuis vingt ans. Le prix des carburants a, de plus, explosé : + 20 % en deux ans. Les transporteurs routiers français souffrent également de la concurrence de plus en plus vive des chauffeurs roumains ou polonais, payés jusqu’à cinq fois moins chers.

A cela s’ajoute une nouvelle difficulté pour le secteur cette année : l’écotaxe, dont le dispositif complexe a été simplifié par le gouvernement, mais qui devrait dissuader le transport par la route au profit de moyens moins polluants. « On ne voit pas aujourd’hui comment 2013 ne sera pas pire encore que 2012 », conclut Jean-Paul Deleville.

Europe 1