Politique

Transports toulousains : quand les usagers franchissent la ligne rouge

Ces dernières semaines, plusieurs chauffeurs de bus Tisséo ont déposé plainte. Ils sont régulièrement victimes de crachats, d’insultes, et plus récemment de coups.

Dimanche, Nadia* entre dans un bus à Lardenne, sans ticket de transport. Il est 16 heures, lorsque la conductrice lui demande de payer. Nadia se rebelle, elle l’insulte et lui porte un coup au visage. Visiblement marquée par cette agression physique, l’employée de Tisséo a décidé de déposer plainte au commissariat. C’est la deuxième fois en quelques jours qu’un chauffeur de bus est menacé physiquement par un ou plusieurs usagers. Le 12 janvier, une bagarre entre plusieurs personnes s’est déclenchée dans un autobus, à hauteur du métro La Vache. S’il n’était pas visé, le chauffeur a été obligé de s’enfuir par une fenêtre. «Ceux qui se battaient ont utilisé un extincteur. La fumée épaisse et blanche s’est répandue partout, cela devenait irrespirable», souligne Stéphane Chapuis, le secrétaire du syndicat CGT Tisséo. La victime, choquée par les événements, n’a pas repris le travail immédiatement. «Elle s’est mise en arrêt maladie», précise un collègue de travail.

Une discussion avec le préfet

Depuis plusieurs mois, ces actes d’incivilité se démultiplient sur les lignes de bus de Toulouse et son agglomération. «On est victime de plus de violence. Des crachats, des insultes, des coups. En novembre, un bus a reçu des tirs de carabine à plombs. Est-ce normal ?» interroge Stéphane Chapuis.

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Sur le mois de décembre 2017, plus de 134 incidents ont été répertoriés, pour environ 4 millions d’utilisateurs. «Si l’on rapporte ça au nombre d’usagers des lignes de bus, le pourcentage d’agressions reste mince», analyse un porte-parole de Tisséo. Une opinion que ne partage pas Franck Delperier : «Les médiateurs et la cinquantaine d’agents de sûreté chargés de la sécurité ne suffisent plus. Ce n’est pas à eux de dépasser leur fonction. Ils sont efficaces pour désamorcer une altercation, mais n’ont pas le pouvoir d’interpellation». Stéphane Chapuis, le secrétaire de la CGT Tisséo rappelle : «Un chauffeur est seul au volant, parfois dans des secteurs très sensibles. Nous demandons plus de présence de la part des forces de l’ordre.» Pour rappel Tisséo a récemment passé un accord avec la police nationale. Cela permet notamment d’accélérer l’échange d’information et la rapidité d’intervention. Cela porte ses fruits puisque le soir de la rixe à hauteur du métro La Vache, la police s’est rapidement rendue sur les lieux pour interpeller 8 individus.

* prénom d’emprunt

 

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