Économie, Écologie...

Un ex-Goldman Sachs à la tête de la Banque d’Angleterre

En Grèce, en Italie, à la BCE, les requins de la Goldman Sachs chassent dans toutes les eaux….

Le ministre des Finances britannique a créé la surprise en choisissant un Canadien, Mark Carney, ex-banquier chez Goldman Sachs, pour diriger la prestigieuse Bank of England (BoE).

Londres

Pour la première fois en Angleterre, un non-Britannique sera aux manettes de la BoE. Le Canadien Mark Carney, peu connu hors de la sphère financière, a damé le pion à des candidats prestigieux du Royaume, comme Paul Tucker, actuel vice-gouverneur de la Bank of England, ou Adair Turner, le président de la FSA, l’autorité de régulation des marchés.

Sa nomination fait l’unanimité au sein de la classe politique britannique. Même le travailliste Ed Balls, chancelier du gouvernement fantôme, a salué l’arrivée de Carney, avec qui il a travaillé à plusieurs reprises et qu’il estime qualifié pour le job.

Mark Carney, qui a travaillé treize ans chez Goldman Sachs, au début de sa carrière, s’est dit ravi de sa nomination: «Je vais là où les défis sont les plus grands. Il est très important pour le monde que le Royaume-Uni aille bien, que le pays réussisse à rééquilibrer son économie, et qu’il achève la réforme de son système financier».

Femme britannique, de gauche, écologiste

Le Canadien semble avoir les épaules pour ce qui l’attend: réguler la City. Selon le ministre des Finances britannique George Osborne, il est «le banquier central le plus extraordinaire de sa génération avec une expertise inégalée dans la régulation financière». Carney bénéficie aussi de la manière dont le Canada a traversé les difficultés post 2008. Après avoir connu une sérieuse crise bancaire dans les années 1990, le pays avait mis en place un système de régulation fort.

En politique monétaire, il est réputé «dur avec les banques, doux avec les taux». Pour autant, Mark Carney ne semble pas vouloir contraindre les banques à séparer complètement leurs activités de banque de détail de celles de banque d’investissement, comme le propose l’autorité des marchés financiers britanniques (FSA).

À 47 ans le banquier central va s’installer en Grande-Bretagne avec sa femme, de nationalité britannique, et leur quatre filles, qui ont la double nationalité. Les tabloïds s’intéresseront forcément aux déclarations de Diana, épouse atypique du gouverneur. Celle qui a rencontré son mari à Oxford est une activiste écologiste qui porte des chaussures végétariennes. Elle est aussi vice-président de Canada 2020, un groupe de réflexion marqué à gauche.